Ty Coz fermée le lundi, c’est au Vieux Fournil que j’achète mon pain au chocolat quotidien, dix centimes de plus, mais meilleur. Ce Vieux Fournil est logé dans un bâtiment neuf en retrait de la rue peu après L’Apéro’z Café qui, pour la première fois, n’a pas ouvert la cloison coulissante entre l’intérieur et la terrasse. Cela sent l’automne. Il a plu cette nuit.
J’ai pour projet de marcher le long de la côte entre Le Ranolien et Trestraou. Pour cela je monte encore une fois dans le bus TilT de neuf heures dix. Le ciel est gris lorsque je descends près du campigne cinq étoiles bien laid du Ranolien.
Le chemin n’est plus celui de la Côte de Granit Rose mais des Landes de Ploumanac’h, un sentier très agréable avec vue sur les îles et en point de mire, au mouillage, les vedettes qui y mènent. Malheureusement, la batterie de mon appareil photo est déchargée. De temps à autre, les arbres font des arches pour laisser passer le promeneur. « Tu regardes le paysage ? » entends-je une femme crier derrière moi. Cela s’adresse au mari qui file loin devant elle. « Et toi, tu le regardes le paysage ? » C’est tout ce qu’il trouve à répondre. « Si tu crois que c’est agréable de marcher comme ça à toute vitesse », conclut-elle.
Arrivé au-dessus de Trestraou, je fais demi-tour et à mi-chemin prends à gauche un sentier pentu qui doit mener à La Clarté. Il se transforme en petite route des Fougères. Ayant rejoint la route principale, je prends à gauche et demande à un artisan si c’est bien par là le centre. « Le centre de Ploumanac’h ? » Non, le centre de La Clarté. » Alors oui, mais y a pas grand-chose là-bas. » « Il y a au moins un bar ? » « Oui, un bar et une église. »
Le Valdo Bar est en face de l’église que l’on nomme ici la chapelle et, j’aurais dû m’en douter, comme nous sommes lundi, il est fermé. Diantre ! Pour arranger la situation, il se met à pleuvasser. C’est à ce moment-là que devrait passer celui que je connais. Il n’en est rien. Je ne sais même pas s’il est encore là. Je trouve refuge sous un abribus d’été. Heureusement que j’ai de quoi lire. « Terrasse panoramique vue mer » proclame l’arrière du Valdo Bar que j’ai sous les yeux. Effectivement, mais très loin la mer.
Quand la pluie cesse, je décide d’aller voir l’intérieur de ladite chapelle. Las, son accès est interdit. Il y aurait aussi à voir le Moulin du Crac’h mais il est trop loin et, au cimetière, la tombe de Thierry Le Luron mais je n’en ai pas envie. Craignant qu’il repleuve, je rejoins l’abribus Tilt de l’arrêt nommé Carrefour de La Clarté. Encore une heure à attendre en compagnie du Marquis. Une dame petite et vieille me rejoint un quart d’heure avant le bus. Une bavarde dont je ne peux rien tirer d’intéressant.
Le bus arrive à douze heures quarante-six. Je descends au Linkin et me dirige vers le Bistrot de la Rade. Il reste une table pour moi à l’intérieur. Dans le menu à vingt et un euros, je choisis la rillette de poisson et légumes croquants, le sauté de porc à la flamande frites maison et le crumble aux palets bretons. Autour de moi, que des couples de retraités. Ce lundi, le service est assuré par un sympathique jeune homme moustachu à cheveux longs. Côté nourriture, c’est cuisiné et bien bon. Cela me fait bizarre d’être dans les derniers à partir, habitué que je suis à être dans les premiers à entrer dans les restaurants dès midi (la faute aux horaires des bus TilT).
Il fait meilleur lorsque je rejoins le Café du Port pour un café verre d’eau avec vraie vue sur la mer et les mots toujours charmants du Marquis de Sade à sa femme : Je te supplie de me venir voir et en attendant de te bien ménager car je t’aime malgré tout.
*
Perros-Guirec va commémorer en novembre les quarante ans de la mort de Thierry Le Luron. Cette mort fut longtemps entourée de mystère, mais pas pour moi, car, dès cette époque, j’en connaissais la cause, pour avoir rencontré une transsexuelle ayant fréquenté le même hôpital parisien que lui. Elle savait qu’il avait le sida.
J’ai pour projet de marcher le long de la côte entre Le Ranolien et Trestraou. Pour cela je monte encore une fois dans le bus TilT de neuf heures dix. Le ciel est gris lorsque je descends près du campigne cinq étoiles bien laid du Ranolien.
Le chemin n’est plus celui de la Côte de Granit Rose mais des Landes de Ploumanac’h, un sentier très agréable avec vue sur les îles et en point de mire, au mouillage, les vedettes qui y mènent. Malheureusement, la batterie de mon appareil photo est déchargée. De temps à autre, les arbres font des arches pour laisser passer le promeneur. « Tu regardes le paysage ? » entends-je une femme crier derrière moi. Cela s’adresse au mari qui file loin devant elle. « Et toi, tu le regardes le paysage ? » C’est tout ce qu’il trouve à répondre. « Si tu crois que c’est agréable de marcher comme ça à toute vitesse », conclut-elle.
Arrivé au-dessus de Trestraou, je fais demi-tour et à mi-chemin prends à gauche un sentier pentu qui doit mener à La Clarté. Il se transforme en petite route des Fougères. Ayant rejoint la route principale, je prends à gauche et demande à un artisan si c’est bien par là le centre. « Le centre de Ploumanac’h ? » Non, le centre de La Clarté. » Alors oui, mais y a pas grand-chose là-bas. » « Il y a au moins un bar ? » « Oui, un bar et une église. »
Le Valdo Bar est en face de l’église que l’on nomme ici la chapelle et, j’aurais dû m’en douter, comme nous sommes lundi, il est fermé. Diantre ! Pour arranger la situation, il se met à pleuvasser. C’est à ce moment-là que devrait passer celui que je connais. Il n’en est rien. Je ne sais même pas s’il est encore là. Je trouve refuge sous un abribus d’été. Heureusement que j’ai de quoi lire. « Terrasse panoramique vue mer » proclame l’arrière du Valdo Bar que j’ai sous les yeux. Effectivement, mais très loin la mer.
Quand la pluie cesse, je décide d’aller voir l’intérieur de ladite chapelle. Las, son accès est interdit. Il y aurait aussi à voir le Moulin du Crac’h mais il est trop loin et, au cimetière, la tombe de Thierry Le Luron mais je n’en ai pas envie. Craignant qu’il repleuve, je rejoins l’abribus Tilt de l’arrêt nommé Carrefour de La Clarté. Encore une heure à attendre en compagnie du Marquis. Une dame petite et vieille me rejoint un quart d’heure avant le bus. Une bavarde dont je ne peux rien tirer d’intéressant.
Le bus arrive à douze heures quarante-six. Je descends au Linkin et me dirige vers le Bistrot de la Rade. Il reste une table pour moi à l’intérieur. Dans le menu à vingt et un euros, je choisis la rillette de poisson et légumes croquants, le sauté de porc à la flamande frites maison et le crumble aux palets bretons. Autour de moi, que des couples de retraités. Ce lundi, le service est assuré par un sympathique jeune homme moustachu à cheveux longs. Côté nourriture, c’est cuisiné et bien bon. Cela me fait bizarre d’être dans les derniers à partir, habitué que je suis à être dans les premiers à entrer dans les restaurants dès midi (la faute aux horaires des bus TilT).
Il fait meilleur lorsque je rejoins le Café du Port pour un café verre d’eau avec vraie vue sur la mer et les mots toujours charmants du Marquis de Sade à sa femme : Je te supplie de me venir voir et en attendant de te bien ménager car je t’aime malgré tout.
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Perros-Guirec va commémorer en novembre les quarante ans de la mort de Thierry Le Luron. Cette mort fut longtemps entourée de mystère, mais pas pour moi, car, dès cette époque, j’en connaissais la cause, pour avoir rencontré une transsexuelle ayant fréquenté le même hôpital parisien que lui. Elle savait qu’il avait le sida.



