Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

Se faire insulter le jour de la Pentecôte

26 mai 2026


Ce dimanche de Pentecôte, à peine suis-je arrivé au marché du Clos Saint-Marc que je vois venir à moi l’acheteur de L’automobile sous l’uniforme 1939 1940 dont j’ai parlé dans mon texte précèdent.
-T’as pas fini d’écrire des conneries comme ça sur les gens ? me dit-il. T’en n’as pas marre ?
-Ça fait longtemps que ça dure, lui réponds-je. Je ne vois pas pourquoi je m’arrêterais.
-T’as pas le droit de dire des trucs comme ça sur les gens.
-Ça s’appelle la liberté d’expression.
-Je la déclare moi mon Urssaf. Tu la déclares toi ton Urssaf quand tu vends chez Rakuten ?
-Moi, je suis un particulier qui revend certains des livres qu’il a lus. C’est donc Rakuten qui déclare le montant de mes ventes annuelles aux Impôts.
-T’es un connard, conclut-il.
Une insulte qu’il réitère quand il rejoint l’un de sa connaissance. Il lit les philosophes et les théologiens mais ça ne se ressent pas dans sa façon de s’exprimer.
Il y a dix ans, j’avais parlé de lui comme de quelqu’un qui s’aidait discrètement de son téléphone pour acheter des livres au Secours Populaire afin de les revendre via Internet. C’est à cette occasion qu’il avait découvert mon Journal auquel il avait trouvé dans un premier temps des qualités, mais, m’écrivait-il ensuite, le vingt et un avril deux mille seize :
« Juste un truc qui m'a un peu blessé : tes certitudes sur mes activités de revendeur sur Internet. Totalement faux : JA-MAIS RIEN VEN-DU SUR IN-TER-NET. »
Le lendemain, il en remettait une couche :
« Comme je suis clairement nommé, il s'agit dans ton texte d'une délation sans le moindre fondement - purement fantasmatique ! Je n'aurais pas la moindre difficulté à démontrer, à l'occasion, que jamais le moindre euro n'a été transféré d'un site de vente en ligne sur mon compte bancaire. »
Je lui répondais ceci :
« Cette pique contre ceux qui disent ne pas vendre sur Internet mais le font n’est pas une méchanceté ou une perfidie, cela m’amuse et je m’en amuse. Que tu sois toi l’exception qui confirme la règle, je le crois puisque tu me l’écris, mais pourquoi en faire un tel fromage ? »
J’ajoutais :
« Je vends des livres sur Internet (que j’ai lus ou au moins parcourus) pour en acheter d’autres que je lis et garde ou ne garde pas. J’en vends aussi aux bouquinistes de la ville. Je n’en fais pas une gloire ni une tare qu’il faudrait cacher. Je l’ai plusieurs fois évoqué dans mon Journal. J’en parle quand on me pose la question. Je n’ai pas de problème particulier par rapport au commerce et à l’argent.
Ce qui me valait un nouveau message, vindicatif, auquel je ne répondais pas.
                                                                    *
Résumons-nous :  
Il y a dix ans, mon insulteur de la Pentecôte jurait en lettres capitales qu’il ne vendait pas de livres sur Internet. Aujourd’hui, il déclare le faire en payant son Urssaf.