Parmi mes lectures récentes, deux Françoise Sagan, ses lettres de jeunesse à son amie de lycée, Écris-moi vite et longuement, Lettres à Véronique Campion, et Toxique, le journal de la cure de désintoxication qu’elle dut faire après avoir été traitée au Palfium, un dérivé morphinique, pour calmer les douleurs consécutives aux multiples fractures (crâne, thorax, bassin, poignet, clavicule) causées par son accident de voiture le treize avril mil neuf cent cinquante-sept (près de Milly-la-Forêt, elle perdit le contrôle de son Aston Martin, ses passagers, Bernard Frank, Voldemar Lestienne et Véronique Campion, furent éjectés et légèrement blessés). Toxique est illustré par des dessins de Bernard Buffet, surtout des femmes nues sans rapport avec le texte, de quoi me réconcilier un peu avec ce mauvais peintre.
Proust au Majestic de Richard Davenport-Hines, un livre qui commence par la rencontre ratée, lors d’une soirée à laquelle participaient Stravinsky, Diaghilev et Picasso, dans les salons de l’Hôtel Majestic à Paris, le dix-huit mai mil neuf cent vingt-deux, de Marcel Proust et James Joyce. Le dialogue entre Joyce, ivre, mal habillé, laconique, et Proust, arrivé à deux heures du matin vêtu d’une houppelande noire et ganté de chevreau, tourna court. Ce non évènement sert de point de départ à Davenport-Hines pour retracer la vie de l’auteur de La Recherche en s’appuyant sur son homosexualité.
Noté cette citation de Marcel au passage : Quel malheur que les médecins soient « consciencieux » et qu’on ne puisse pas leur dire « tuez-moi » au lieu de « soignez-moi » puisqu’ils ne peuvent vous guérir.
Enfin, partiellement, La double réfraction du spath d’Islande de Béatrix Beck, ouvrage composé pour moitié de nouvelles et pour moitié de textes autobiographiques. Je n’ai lu que cette seconde moitié.
Dans Souvenirs indirects, ceci :
Dans la voiture qui nous amenait à l’enterrement de Gide, Léautaud me dit : « J’ai connu un curieux personnage qui portait le même nom que vous. Un jour, il me demanda une pièce de cinq sous pour acheter un timbre. J’ai refusé. J’ai eu du remords. Ce n’était pas pour acheter un timbre. » Le curieux personnage, c’est Christian Beck, le père de Béatrix, écrivain non reconnu qui vécut dans la misère. C’était un ami d’André Gide. Sa fille fut la dernière secrétaire de celui-ci.
Dans Paris aide-mémoire, elle raconte qu’elle habitait
Rue Bonaparte dans le même immeuble que Sartre, et qui explosa pendant la guerre d’Algérie. Étonnants journalistes présents dès la première seconde du drame. Toit envolé, poutre maîtresse jouant les filles de l’air, chaussée scintillante d’éclats de verre.
Claude Fau descend précipitamment ce qui reste d’escalier. Il porte dans ses bras Gisèle Halimi en chemise de nuit de dentelle.
Dialogue entre un policier et un pompier :
« C’est contre qui ?
-Il s’appelle Sartre.
-Qui c’est ?
-Un professeur, il paraît. »
(Gisele Halimi en chemise de nuit de dentelle, ça fait rêver.)
Également Dieudonné, portrait de Roger Nimier, un texte que Béatrix Beck fit paraître dans le numéro neuf de la revue Quoi lire en avril mil neuf cent quatre-vingt-neuf. Je ne sais pas si Marie Nimier connait ce portrait de son père. Je vais lui envoyer un message.
Proust au Majestic de Richard Davenport-Hines, un livre qui commence par la rencontre ratée, lors d’une soirée à laquelle participaient Stravinsky, Diaghilev et Picasso, dans les salons de l’Hôtel Majestic à Paris, le dix-huit mai mil neuf cent vingt-deux, de Marcel Proust et James Joyce. Le dialogue entre Joyce, ivre, mal habillé, laconique, et Proust, arrivé à deux heures du matin vêtu d’une houppelande noire et ganté de chevreau, tourna court. Ce non évènement sert de point de départ à Davenport-Hines pour retracer la vie de l’auteur de La Recherche en s’appuyant sur son homosexualité.
Noté cette citation de Marcel au passage : Quel malheur que les médecins soient « consciencieux » et qu’on ne puisse pas leur dire « tuez-moi » au lieu de « soignez-moi » puisqu’ils ne peuvent vous guérir.
Enfin, partiellement, La double réfraction du spath d’Islande de Béatrix Beck, ouvrage composé pour moitié de nouvelles et pour moitié de textes autobiographiques. Je n’ai lu que cette seconde moitié.
Dans Souvenirs indirects, ceci :
Dans la voiture qui nous amenait à l’enterrement de Gide, Léautaud me dit : « J’ai connu un curieux personnage qui portait le même nom que vous. Un jour, il me demanda une pièce de cinq sous pour acheter un timbre. J’ai refusé. J’ai eu du remords. Ce n’était pas pour acheter un timbre. » Le curieux personnage, c’est Christian Beck, le père de Béatrix, écrivain non reconnu qui vécut dans la misère. C’était un ami d’André Gide. Sa fille fut la dernière secrétaire de celui-ci.
Dans Paris aide-mémoire, elle raconte qu’elle habitait
Rue Bonaparte dans le même immeuble que Sartre, et qui explosa pendant la guerre d’Algérie. Étonnants journalistes présents dès la première seconde du drame. Toit envolé, poutre maîtresse jouant les filles de l’air, chaussée scintillante d’éclats de verre.
Claude Fau descend précipitamment ce qui reste d’escalier. Il porte dans ses bras Gisèle Halimi en chemise de nuit de dentelle.
Dialogue entre un policier et un pompier :
« C’est contre qui ?
-Il s’appelle Sartre.
-Qui c’est ?
-Un professeur, il paraît. »
(Gisele Halimi en chemise de nuit de dentelle, ça fait rêver.)
Également Dieudonné, portrait de Roger Nimier, un texte que Béatrix Beck fit paraître dans le numéro neuf de la revue Quoi lire en avril mil neuf cent quatre-vingt-neuf. Je ne sais pas si Marie Nimier connait ce portrait de son père. Je vais lui envoyer un message.



