Sainte-Marie-la-Mer, qui est ignorée de mon vieux Guide du Routard, se situe entre Le Barcarès (au nord) et Canet (au sud). Le samedi est le meilleur jour pour y aller en transport collectif quand on se lève tôt car c’est celui où le premier bus Cinq démarre de la Gare dès huit heures cinq.
Je prends ce bus au Castillet devant lequel débute un rassemblement de voitures anciennes fâcheusement nommé La Nuit des Longs Capots. Sans surprise, le public tournant autour des véhicules de collection est presque exclusivement masculin.
Nous sommes quatre passagers dans ce bus qui passe par Bompas et Villelongue-de-la-Salanque et je suis seul avec le chauffeur lorsque je descends au terminus Sainte-Marie Plage.
Je vais d’abord jusqu’au Port qui ne valait pas ce détour puis je marche le long de la Méditerranée mais pas bien loin car il y a là près du sable deux cafés restaurants à vastes terrasses. Je choisis celle du Y Sem Be pour m’asseoir et commander un café (un euro soixante-dix) avec un verre d’eau puis j’ouvre Casanova. Se retrouvent là des gens du coin qui embrassent la patronne en arrivant. Tou(te)s parlent du temps, trente et un degrés hier et demain on va perdre dix ou quinze avec de la pluie et du vent aussi.
Vers onze heures, je reprends la balade du bord de mer, passe devant le petit marché hebdomadaire et arrive à une autre concentration de restaurants. Je fais le tour de leurs propositions et retiens une table à l’intérieur au dernier, L’NJ. Un vent frais se lève aussi m’assois-je à l’abri face au petit marché pour attendre midi.
Dans le menu à vingt et un euros me retiennent les escargots à la catalane et le toro à la gardianne. « Pour le dessert, on verra plus tard », me dit la patronne qui plie des serviettes en papier pour calmer ses nerfs. J’ai vue sur la dune qui cache le large et sur la promenade où passe peu de monde. Tiens, une jolie blonde qui court en tenant sa longue natte à la main. Dans cette salle mangent aussi deux femmes. « La mère de mon gendre », dit l’une en présentant l’autre. « La mère de ma belle-fille », dit l’autre en présentant la première. Deux autres femmes sont sous la véranda pour pouvoir fumer. C’est toute la clientèle d’un samedi midi. Un étrange lieu qui peut faire peur mais que j’ai choisi pour l’ardoise dehors : « Ici on cuisine ».
Le plat d’escargots à la catalane est excellent, ils sont seize qui baignent dans la sauce. Le toro à la gardianne ne me déçoit pas mais ne me fera pas oublier celui manger aux Saintes-Maries-de-la-Mer il y a des années. En dessert, je choisis une mousse au chocolat qui s’avère correcte. Pendant qu’elles règlent leur repas, les deux belles-mères parlent avec la patronne d’un point commun à toutes les trois : les suicides familiaux. « J’ai ma mère, mon oncle et mon arrière-grand-père qui se sont suicidés », dit la patronne. La mère s’est ratée. Elle est en mauvais état dans un Ehpad pour lequel son mari, le vieux cuisinier, soixante-quinze ans comme moi, paie trois mille euros par mois. Il a déjà vendu une maison pour ça. « Au revoir, monsieur, revenez quand vous voulez », me dit-il.
Sorti de là content, je prends le soleil sur un banc à l’abri du vent en bénéficiant de la bande son du restaurant El Pica Pica C'est l'amour à la plage (aou cha-cha-cha-cha).
Un arrêt du bus Dix est tout prêt, nommé Oméga. Je monte dans le quatorze heures cinq et en descends à l’arrêt Vauban. Je passe le pont du Canal de la Basse puis sous le Castillet pour m’asseoir à la terrasse du Grand Café de la Poste. Aucun vent ici, c’est le lieu parfait pour lire en écoutant sonner les quarts d’heure au carillon du bas de la rue Louis-Blanc.
Je prends ce bus au Castillet devant lequel débute un rassemblement de voitures anciennes fâcheusement nommé La Nuit des Longs Capots. Sans surprise, le public tournant autour des véhicules de collection est presque exclusivement masculin.
Nous sommes quatre passagers dans ce bus qui passe par Bompas et Villelongue-de-la-Salanque et je suis seul avec le chauffeur lorsque je descends au terminus Sainte-Marie Plage.
Je vais d’abord jusqu’au Port qui ne valait pas ce détour puis je marche le long de la Méditerranée mais pas bien loin car il y a là près du sable deux cafés restaurants à vastes terrasses. Je choisis celle du Y Sem Be pour m’asseoir et commander un café (un euro soixante-dix) avec un verre d’eau puis j’ouvre Casanova. Se retrouvent là des gens du coin qui embrassent la patronne en arrivant. Tou(te)s parlent du temps, trente et un degrés hier et demain on va perdre dix ou quinze avec de la pluie et du vent aussi.
Vers onze heures, je reprends la balade du bord de mer, passe devant le petit marché hebdomadaire et arrive à une autre concentration de restaurants. Je fais le tour de leurs propositions et retiens une table à l’intérieur au dernier, L’NJ. Un vent frais se lève aussi m’assois-je à l’abri face au petit marché pour attendre midi.
Dans le menu à vingt et un euros me retiennent les escargots à la catalane et le toro à la gardianne. « Pour le dessert, on verra plus tard », me dit la patronne qui plie des serviettes en papier pour calmer ses nerfs. J’ai vue sur la dune qui cache le large et sur la promenade où passe peu de monde. Tiens, une jolie blonde qui court en tenant sa longue natte à la main. Dans cette salle mangent aussi deux femmes. « La mère de mon gendre », dit l’une en présentant l’autre. « La mère de ma belle-fille », dit l’autre en présentant la première. Deux autres femmes sont sous la véranda pour pouvoir fumer. C’est toute la clientèle d’un samedi midi. Un étrange lieu qui peut faire peur mais que j’ai choisi pour l’ardoise dehors : « Ici on cuisine ».
Le plat d’escargots à la catalane est excellent, ils sont seize qui baignent dans la sauce. Le toro à la gardianne ne me déçoit pas mais ne me fera pas oublier celui manger aux Saintes-Maries-de-la-Mer il y a des années. En dessert, je choisis une mousse au chocolat qui s’avère correcte. Pendant qu’elles règlent leur repas, les deux belles-mères parlent avec la patronne d’un point commun à toutes les trois : les suicides familiaux. « J’ai ma mère, mon oncle et mon arrière-grand-père qui se sont suicidés », dit la patronne. La mère s’est ratée. Elle est en mauvais état dans un Ehpad pour lequel son mari, le vieux cuisinier, soixante-quinze ans comme moi, paie trois mille euros par mois. Il a déjà vendu une maison pour ça. « Au revoir, monsieur, revenez quand vous voulez », me dit-il.
Sorti de là content, je prends le soleil sur un banc à l’abri du vent en bénéficiant de la bande son du restaurant El Pica Pica C'est l'amour à la plage (aou cha-cha-cha-cha).
Un arrêt du bus Dix est tout prêt, nommé Oméga. Je monte dans le quatorze heures cinq et en descends à l’arrêt Vauban. Je passe le pont du Canal de la Basse puis sous le Castillet pour m’asseoir à la terrasse du Grand Café de la Poste. Aucun vent ici, c’est le lieu parfait pour lire en écoutant sonner les quarts d’heure au carillon du bas de la rue Louis-Blanc.



