Une boulangerie qui annonce ouvrir à sept heures, c’est prêt à l’usage à l’heure dite. Un troquet qui annonce ouvrir à sept heures, c’est, à l’heure dite, une terrasse et une véranda encore à installer. Je le constate une fois de plus rue du Maréchal-Foch, ce jeudi, après avoir marché dans les rues désertes de Perpignan.
Un pain au chocolat à un euro quinze en main, je suis autorisé à entrer malgré tout au Café de la Source où un habitué de comptoir m’a précédé. La sono diffuse des vieux succès remixés de la chanson française, Mouloudji Aznavour Les Rita Mitsouko. Je parcours L’Indépendant, journal de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. « Une paella lance la saison de pétanque », c’est l’information la plus marquante. Quatre-vingt-dix-neuf kilomètres heure, la vitesse annoncée de la tramontane. Charles Trenet chante Douce France et le dandy arrive, lorsque je sors. Je passe chez Sankéo pour un horaire de bus qui me manquait puis chez Monoprix pour un paquet de lessive à la main (un euro quarante-neuf).
Un peu après neuf heures, j’entre dans la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste (dite Saint-Jean-le-Neuf) qui date du quatorzième siècle et est de style gothique méridional. L’intérieur en est fort beau. Elle fait partie d’un ensemble religieux urbain comprenant aussi le cloître-cimetière Campo Santo, l'église Saint-Jean-le-Vieux, la chapelle Saint-Jean-l'Évangéliste (dite de la Funéraria) et la chapelle du Dévot-Christ avec sa statue en bois du Christ.
Un religieux en soutane noire met la dernière touche à la décoration de la sacristie fleurie de blanc. Une femme installe une table de cierges à vendre. Je m’étonne auprès d’elle de ne pas entendre sonner les heures depuis mon arrivée à Perpignan. « C’est que nous sommes dans la semaine de Pâques, me dit-elle, dès dimanche vous pourrez l’entendre. » Je viens de gagner le concours de la question idiote.
Après cette visite, je prends la rue de la Jeanne. Elle me mène au Roy d’Ys, un petit resto qui, je l’ai appris via le réseau social Effe Bé, propose ce jeudi, en plat du jour, un confit de canard pommes sarladaises. Je réserve l’une des quelques tables pour midi.
Faisant face à la tramontane glaciale, je rejoins le Grand Café de la Poste par le boulevard Wilson. « Moi, je suis contre manger la viande du cheval, déclare une fille à ses deux copines, c’est comme si je mangeais du chien. » Il est ensuite question entre elles d’omelette pascale. Mon café bu, je retrouve Casanova narrant ses premières expériences sexuelles.
J’entre à midi pile au Roi d’Ys où un homme seul et une femme seule sont déjà attablés. « Vous ne vous trompez pas d’endroit, c’est très très bon, c’est moi qui vous le dis », me dit-elle. Il n’y a que cinq tables ici et deux dehors, inutilisables car balayées par le vent. Babette, c’est le prénom de la bavarde. Lui s’appelle Serge. Ça doit être compliqué de les avoir tous les jours comme clients et de rester calme. Ce confit de canard est trop sec à mon goût. La mousse au chocolat qui suit, fort bonne. Ça fait dix-sept euros. Le patron et sa femme sont d’anciens Rouennais. Les parents d’elle tenaient Le Roy d’Ys en haut de la rue de la République. Lui habitait rue Saint-Nicolas à cent mètres de mon domicile. Ils ont ouvert ici depuis deux mois.
La tramontane souffle encore plus violemment quand vers quatorze heures un bus Bé me dépose devant la Brasserie de la Gare, face à icelle, le centre du monde selon Dali. Mon café bu, je reprends Casanova : … elle se fâche de ce que je ne lui cache pas le trop visible effet de ses charmes, et elle se refuse à un soulagement qui dans un instant m’aurait calmé.
Ce qui ne se calme pas non plus, c’est la tramontane. Je crains que l’abribus sous lequel j’attends le bus Bé du retour au Castillet ne s’envole avant son arrivée.
*
Les Perpignanaises et les Perpignanais n’ont qu’une question à la bouche : Comment que ça va être la Sanch demain, si ça souffle encore comme ça ?
Un pain au chocolat à un euro quinze en main, je suis autorisé à entrer malgré tout au Café de la Source où un habitué de comptoir m’a précédé. La sono diffuse des vieux succès remixés de la chanson française, Mouloudji Aznavour Les Rita Mitsouko. Je parcours L’Indépendant, journal de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. « Une paella lance la saison de pétanque », c’est l’information la plus marquante. Quatre-vingt-dix-neuf kilomètres heure, la vitesse annoncée de la tramontane. Charles Trenet chante Douce France et le dandy arrive, lorsque je sors. Je passe chez Sankéo pour un horaire de bus qui me manquait puis chez Monoprix pour un paquet de lessive à la main (un euro quarante-neuf).
Un peu après neuf heures, j’entre dans la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste (dite Saint-Jean-le-Neuf) qui date du quatorzième siècle et est de style gothique méridional. L’intérieur en est fort beau. Elle fait partie d’un ensemble religieux urbain comprenant aussi le cloître-cimetière Campo Santo, l'église Saint-Jean-le-Vieux, la chapelle Saint-Jean-l'Évangéliste (dite de la Funéraria) et la chapelle du Dévot-Christ avec sa statue en bois du Christ.
Un religieux en soutane noire met la dernière touche à la décoration de la sacristie fleurie de blanc. Une femme installe une table de cierges à vendre. Je m’étonne auprès d’elle de ne pas entendre sonner les heures depuis mon arrivée à Perpignan. « C’est que nous sommes dans la semaine de Pâques, me dit-elle, dès dimanche vous pourrez l’entendre. » Je viens de gagner le concours de la question idiote.
Après cette visite, je prends la rue de la Jeanne. Elle me mène au Roy d’Ys, un petit resto qui, je l’ai appris via le réseau social Effe Bé, propose ce jeudi, en plat du jour, un confit de canard pommes sarladaises. Je réserve l’une des quelques tables pour midi.
Faisant face à la tramontane glaciale, je rejoins le Grand Café de la Poste par le boulevard Wilson. « Moi, je suis contre manger la viande du cheval, déclare une fille à ses deux copines, c’est comme si je mangeais du chien. » Il est ensuite question entre elles d’omelette pascale. Mon café bu, je retrouve Casanova narrant ses premières expériences sexuelles.
J’entre à midi pile au Roi d’Ys où un homme seul et une femme seule sont déjà attablés. « Vous ne vous trompez pas d’endroit, c’est très très bon, c’est moi qui vous le dis », me dit-elle. Il n’y a que cinq tables ici et deux dehors, inutilisables car balayées par le vent. Babette, c’est le prénom de la bavarde. Lui s’appelle Serge. Ça doit être compliqué de les avoir tous les jours comme clients et de rester calme. Ce confit de canard est trop sec à mon goût. La mousse au chocolat qui suit, fort bonne. Ça fait dix-sept euros. Le patron et sa femme sont d’anciens Rouennais. Les parents d’elle tenaient Le Roy d’Ys en haut de la rue de la République. Lui habitait rue Saint-Nicolas à cent mètres de mon domicile. Ils ont ouvert ici depuis deux mois.
La tramontane souffle encore plus violemment quand vers quatorze heures un bus Bé me dépose devant la Brasserie de la Gare, face à icelle, le centre du monde selon Dali. Mon café bu, je reprends Casanova : … elle se fâche de ce que je ne lui cache pas le trop visible effet de ses charmes, et elle se refuse à un soulagement qui dans un instant m’aurait calmé.
Ce qui ne se calme pas non plus, c’est la tramontane. Je crains que l’abribus sous lequel j’attends le bus Bé du retour au Castillet ne s’envole avant son arrivée.
*
Les Perpignanaises et les Perpignanais n’ont qu’une question à la bouche : Comment que ça va être la Sanch demain, si ça souffle encore comme ça ?



