Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

Un dimanche de second tour de Municipales

23 mars 2026


Contrairement à ce qui s’est passé à Paris, Lyon, Marseille et dans d’autres villes, la semaine politique ne fut ni agitée ni crapoteuse à Rouen. Les quatre listes ayant obtenu plus de dix pour cent des inscrits au premier tour de la Municipale sont présentes pour le second.  Le résultat de ce second tour sera donc semblable à celui du premier. On sait depuis dimanche dernier que le Maire de Rouen restera le même.
Seul événement de l’entre deux tours : une petite polémique relative au débat télévisé local, vite éteinte ; le message de Marine Caron, candidate des Centristes de Droite et des Droitistes associés : « Je viens d’apprendre que le maire sortant refuse finalement de participer au débat de second tour proposé par Ici Normandie (ex-France Bleu). » obtenant du camp d’en face cette réponse : « Contrairement à ce qu’affirme sur les réseaux sociaux une candidate malheureusement coutumière du dénigrement, Nicolas Mayer-Rossignol n’a refusé aucun débat. Des débats réunissant les 4 candidats qualifiés au second tour sont au contraire prévus sur plusieurs médias cette semaine. »
Marine Caron souhaitait se trouver en tête à tête avec Nicolas Mayer-Rossignol, que les deux autres candidats de second tour soient snobés, afin d’apparaître comme la seule opposante au Maire sortant. Cela n’a pas fonctionné. Elle a dû débattre avec les trois.
Au vu des résultats de premier tour, elle n’a donc aucune chance de réussir. D’autant qu’elle ne semble pas extrêmement populaire dans une partie de la bourgeoisie censée soutenir les candidats de Droite. Au café où je lis l’après-midi quand il ne fait pas suffisamment beau pour être en terrasse, j’ai entendu dans la bouche d’une vieille riche prenant un chocolat accompagné d’une crêpe au sucre : « Je l’aime pas, elle est fière, elle est hautaine, elle est pas abordable. »
Je ne suis pas à même d’en juger ne l’ayant jamais croisée. Si cela avait été le cas, je l’aurais abordée pour lui demander comment, alors qu’elle est mère de trois jeunes enfants, elle peut être pour la place prédominante des voitures et plus globalement défendre un productivisme qui a pour conséquence une augmentation des températures telle que le monde sera invivable quand sa descendance sera adulte.
Ce dimanche de second tour, je ne retourne pas au Lycée Camille Saint-Saëns. Ce serait accorder trop d’importance à Marie-Andrée Malleville que de glisser encore une fois dans l’enveloppe un bulletin rendu nul par le biffage de son nom. Je préfère choisir un rôle qui me va bien : celui d’abstentionniste.
C’est au jardin que je passe une bonne partie de la journée saluant mes voisines et voisins lorsqu’elles et eux sortent. L’une revient rapidement avec une baguette de pain. Un autre revient peu après sans rien. Je suppose qu’il est allé voter et je sais pour qui car, il y a plusieurs années, je l’ai entendu se vanter d’avoir voté aux deux tours de la Primaire de Droite pour François Fillon.
Le soir venu, comme prévu, Nicolas Mayer-Rossignol Socialiste, est réélu Maire de Rouen. A Paris, Lyon, Marseille, les pires sont évités. Au Havre, Edouard Philippe, Droitiste, peut toujours être le candidat à la Présidentielle susceptible de l'emporter face à Bardella ou Le Pen.
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L’un des points du programme de Nicolas Mayer-Rossignol me concerne : la gratuité des transports en commun pour les vieux et les jeunes. J’ai des doutes sur sa mise en place, d’autant que cette promesse date d’avant la guerre au Moyen-Orient. L’augmentation des prix du carburant et de l’électricité consécutives à celle-ci serait une bonne excuse pour ne pas.
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Les Maires sont élus pour six ans. Une année de bonus leur sera sûrement donnée en raison de la Présidentielle de deux mille trente-deux. Il est probable que cette Municipale était ma dernière.