Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

Thomas Schoeffler Jr. et Hot Slap aux Terrasses du Jeudi

24 juillet 2015


Assuré de trouver musique à mon goût ce troisième jeudi de terrasses avec Hot Slap, découvert lors de la dernière Fête de la Musique, je vais d’abord place des Floralies et du Socrate réunis voir et entendre Thomas Schoeffler Jr.
Venu d’Alsace, il joue du folk américain, chemise à carreaux et djine à genoux troués. « Bonjour Rouen », « Rouen, je vais te chanter une chanson qui… ». C’est un de ces artistes qui s’adressent à un public globalisé et défini par son lieu d’existence, ce qui me hérisse d’emblée. Le public est composé d’assis des terrasses et d’assis sur les marches et le pourtour du bassin. Un zonard fait son numéro en dansant à sa façon. « Je vous ai amené le soleil du Périgord » déclare-t-il, se croyant l’objet des applaudissements. Je quitte au bout de trois morceaux.
Une splendide voiture au nom de château jouxte la scène où doit jouer Hot Slap Trio, place du Lieutenant-Aubert. Il s’en échappe un musique d’époque. Je salue quelques connaissances. Un petit homme souriant à casquette vient me dit bonjour.
-On se connaît, me dit-il, mais je ne sais plus d’où.
-Val-de-Reuil, tu es instit, non ?
-Ah oui, ça y est, j’y suis, me répond-il.
Il me rappelle son nom.
-Tu as l’air de bien connaître les musiciens, lui dis-je.
-Je suis obligé, c’est mon fils qui tient la guitare.
Ce jeune guitariste, Martin Vivien, est aussi le chanteur et le meneur du trio. Il distribue la liste à jouer au batteur, Franky Wankers. « Pour toi, j’ai écrit en majuscule », lui dit-il. Didier Sel, le contrebassiste à l’impressionnante banane, les rejoint sur scène. Place à la bonne musique des fifties, au rockabilly mâtiné d’un peu de country.
Mon ancien collègue de Val-de-Reuil se lance dans un rock endiablé (comme on dit) avec une jolie créature. A l’invitation de son fils, le public se rapproche, ce qui nuit un peu à la possibilité de danser et aussi (ce n’est pas un mal) aux déplacements dommageables des photographes.
Cette fois-ci, je suis tout à fait disposé à acheter le cédé récemment sorti chez Smap Records, ce que je fais à l’issue du premier set auprès du producteur, l’ami Claude Levieux.
Avant que le Hot Slap Trio ne rejoue, j’ai le temps de passer à la maison. En arrivant rue Saint-Romain, j’ai une grosse frayeur en découvrant à hauteur de ma ruelle plusieurs camions de pompiers le gyrophare en bataille. Par bonheur aucun des hommes du feu n’est présent dans celle-ci. Ils se concentrent sur l’Archevêché. Le service de recherche toxicologique fait des prélèvements dans les soupiraux d’où semble émaner des vapeurs méphitiques ou méphistophéliques.
Un peu avant vingt et une heures, les camions de pompiers sont toujours là, le moteur tournant, quand je rejoins la place pour le second set. Au numéro trois, le jeune homme du premier étage, sous lequel est installé la scène, ferme sa fenêtre et ses rideaux d’un air excédé dès le début du premier morceau.
Un nombreux public se masse devant les musiciens, dont des enivrés de premier rang parmi lesquels quelques-uns que je côtoie parfois à différentes heures et j’ai toujours vus saouls. L’un, au surnom évocateur, danse avec sa bouteille. Près de moi, un homme à salopette fait danser savamment la femme d’un autre. L’harmoniciste prénommé Jean-Luc se joint au trio sur quelques morceaux. A un répertoire surtout composé de reprises s’ajoutent quelques compositions. C’est un excellent moment qui s’achève vers vingt-deux heures trente et me réconcilie temporairement avec les concerts. Quand je rentre à la maison, les pompiers ne sont plus là.