Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial



Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

Ce que je sauve de deux lectures décevantes

20 février 2026


Sorti déçu de ma lecture de la biographie d’Honoré de Balzac par Pierre Sipriot, peu d’éléments concrets sur la vie de l’écrivain et souvent tirés des lettres envoyées à Madame Hanska, du déjà lu donc, et trop d’analyses en longueur de ses écrits, ce qui n’apprend rien sur lui. Avant de la revendre au poids au Bibliovore, j’en sauve ce propos cité par Sipriot de Mlle de Dino, nièce de Talleyrand, dans sa Chronique de 1831 à 1862, en date du vingt-huit novembre mil huit cent trente-six :
M. de Balzac, qui est tourangeau, est venu dans la contrée pour y acheter une petite propriété. Il s’est fait amener ici par un de mes voisins. Malheureusement, il faisait un temps horrible, ce qui m’a obligé à le garder à dîner.
J’ai été polie mais très réservée. Je crains les publicistes, gens de lettres, faiseurs d’articles ; j’ai tourné ma langue sept fois dans ma bouche avant de proférer un mot, j’ai été ravie quand il est parti. Il est vulgaire de figure, de ton, et, je crois, de sentiments : sans doute, il a de l’esprit, mais il est sans verve ni facilité dans la conversation. Il y est même très lourd, il nous a tous examinés et observés de la manière la plus minutieuse. M. de Talleyrand surtout. Je me serais bien passée de cette visite et, si j’avais pu l’éviter, je l’aurais fait. Il vise à l’extraordinaire et raconte de lui-même mille choses auxquelles je ne crois nullement.
Autre lecture décevante : On vient chercher Monsieur Jean de Jean Tardieu, un choix hétéroclite de textes de l’écrivain. J’en sauve ce souvenir d’adolescence, il a quinze ans :
Cela concerne mon « initiation » par la soi-disant gouvernante (en fait la servante) d’un homme politique de petite envergure qui demeurait à l’étage au-dessous. Cette femme, une Méridionale d’une quarantaine d’années, plutôt courte et boulotte mais assez appétissante, avait préféré que notre première « expérience » eût lieu, à la sauvette, dans le fameux couloir qui donne sur le palier de l’ascenseur : nous pouvions, de la sorte, mieux surveiller une arrivée inopportune : celle du père, qui se signale si bien à l’avance, ou celle, plus discrète et plus furtive, de ma mère, par conséquent plus dangereuse…