Le Journal de Michel Perdrial
Le Journal de Michel Perdrial

Dernières notes


Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.







Rss

En lisant la Correspondance de concert de Glenn Gould

13 septembre 2018


S’il est une lecture qui se passe de commentaires, c’est celle de la Correspondance de concert de Glenn Gould publié avec son Journal d’une crise par Fayard en deux mille deux :
C’est très généreux de votre part de me proposer d’habiter chez vous lorsque je serai à Winnipeg. La plus stricte honnêteté m’oblige cependant à vous dire que le maintien de la bonne santé mentale de votre foyer commande que vous rejetiez l’idée même de m’avoir comme hôte. A W.D. Hurst, le quinze janvier mil neuf cent cinquante-huit 
Je vous avais dit « pas de cachet », et c’était sérieux ! Je vous retourne donc le chèque et vous voudrez bien en utiliser le montant pour acheter à l’intention de vos choristes des épaulettes ou toute autre guipure qui leur conviendra. A Roy Frankel, le treize juin mil neuf cent cinquante-huit 
La Sonate de Berg, curieusement, est de deux minutes plus longue que dans mon ancienne version pour Hallmark. Cela signifie probablement que la sénilité me guette. En tout cas, c’est une version très expansive répondant exactement à ce que je cherchais. Je serais fort étonné si je n’en tirais pas une certaine fierté. A Cynthia Millman, le sept juillet mil neuf cent cinquante-huit 
J’ai pris la liberté d’abuser de votre nature généreuse et de vos talents évidents d’aide de camp en vous expédiant de Bruxelles deux appareils de chauffage dont j’ai fait l’acquisition à Salzbourg. Ils ne disposaient hélas pas du voltage adéquat pour produire la moindre chaleur à Bruxelles. J’espère qu’il en ira autrement à Berlin ! Au Capitaine Richard O’Hagan, le vingt-neuf août mil neuf cent cinquante-huit 
J’ai été très content d’avoir de vos nouvelles ; c’est si gentil à vous de faire des suggestions pour Noël. Pourtant, me connaissant comme vous me connaissez, vous ne me trouverez pas, j’en suis sûr, trop asocial si je décourage toutes vos idées de divertissement pour cette époque de l’année. A Edward Viets, le neuf septembre mil neuf cent cinquante-huit 
Pour le moment, tout se passe bien à Stockholm, à l’exception du représentant local de Steinway qui, pour une raison inexplicable, semble très ennuyé que je joue un Bechstein. A Walter Homburger, le deux octobre mil neuf cent cinquante-huit 
J’ai parlé deux fois aujourd’hui avec Kollitsch. Il est comme toujours plein de sollicitude, mais s’inquiète évidemment aussi de savoir si je jouerai mon récital vendredi. Je lui ai déclaré sans ambages qu’il n’était pas question que je bouge de mon lit (au demeurant fort confortable !) tant que durera cette fièvre exotique avec son assortiment de douleurs et de faiblesse. A Walter Homburger, le dix-huit octobre mil neuf cent cinquante-huit 
Qu’en est-il du voyage Florence-Turin ? Est-ce que j’y vais à pied ou en auto-stop ? A Walter Homburger, le trente octobre mil neuf cent cinquante-huit 
Ma manière d’écrire pour le piano a l’habitude d’être beaucoup trop dense et de donner à la main gauche une texture de pédalier d’orgue, ce qui a pour résultat de la rendre injouable sauf pour un violoncelle. A David Diamond, le vingt-trois février mil neuf cent cinquante-neuf
Et voilà donc qu’à la suite d’une subite lubie, je me suis retrouvé à la tête d’un domaine situé à une trentaine de kilomètres au nord de Toronto, répondant au doux nom de « Donchery ». Ce fut un vrai coup de foudre qui dura… jusqu’au lendemain de la signature du bail. A Edith Boecker, le vingt et un janvier mil neuf cent soixante
Merci de votre lettre ; je suis rentré récemment d’un séjour de dix semaines à Philadelphie où j’ai été soigné par un chirurgien orthopédiste très réputé. Quatre de ces semaines ont été passées dans un plâtre qui me recouvrait tout le corps, immobilisant mon bras, les deux autres semaines étant consacrées à de la physiothérapie. A Abe Cohen, le sept juin mil neuf cent soixante
Pour répondre à votre question concernant mes rituels d’avant concert, je trouve effectivement que l’eau chaude constitue un très efficace décontractant musculaire et il est vrai que je porte tout au long de l’année des gants spécialement conçus pour moi. Ces gants, cependant, n’ont pas pour but d’amuser la galerie, mais ont une raison éminemment pratique qui consiste à assurer à mes mains une température constate lorsque je me trouve dans des auditoriums mal chauffés. A un admirateur, Robert Wolverton, le quatorze septembre mil neuf cent soixante
Je suis ravi de pouvoir vous annoncer que mon épaule droite va beaucoup mieux, qu’il n’y avait là rien de bien grave, et que tous ces problèmes n’ont été dus qu’au fait d’avoir porté un peu étourdiment une valise trop lourde. A Anahid Alexanian, le vingt-trois septembre mil neuf cent soixante
Glenn Gould joua pour la dernière fois en concert le dix avril mil neuf cent soixante-quatre à Chicago.